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Fin de la mutinerie, libération des otages et retour au calme au camp Alpha Yaya Diallo: le film d’une journée palpitante…

Est bien tout ce qui fini bien, dit l'adage. La crise qui a éclaté dans les rangs de l'armée le vendredi dernier, une semaine après, a connu enfin un dénouement avec l'entame du dialogue et la libération des otages, détenus par les mutins au camp Alpha Yaya Diallo.

Hier vendredi, alors que toute les populations riveraines ont passé une nuit calme et une journée sans entendre des tirs, les soldats partis en ville, négocier avec la haute hiérarchie, sont rentrés au camp Alpha Yaya Diallo, leur base, avec des cris de joie accompagnés de tirs nourris des mutins.

Les soldats rentrés de vitesse à bord de deux pick-up, sont ressortis trente minutes plus tard dans un impressionnant cortège d'au moins sept véhicules. Il était 19 h 10 environs. Dans le cortège, nous précise un soldat, il y a « tous les otages ». Il cite l'adjoint du Chef d'Etat Major de l'armée, le général Mohamed Sampil, l'adjoint de l'Etat major de la Marine nationale, le Colonel Facéri Camara, les deux plus hauts gradés et responsables que les mutins avaient gardés avec eux.

Notre interlocuteur d'ajouter « c'est fini. Nous avons tout arrangé. Demain, nous allons toucher notre argent et le dimanche à 9 h, nous sommes tous invités en ville au camp Almamy Samory Touré pour une rencontre avec les chefs ». Aujourd'hui, dit-il, nos chefs (Adj Chef Claude Pivi alia Coplan en tête) ont rencontré le Président de la république et ils sont tombés d'accord que c'est fini et nous allons être satisfaits.

A peine terminé de dire ces propos, le soldat continue à grand pas avec ses amis dans les ruelles du quartier sombre de Tanéné Marché pour s'engouffrer dans un maquis avec à l'idée d'avoir accompli une mission.

De source concordante, le gouvernement aurait déboursé la bagatelle de 17 milliards de nos francs pour satisfaire à la demande des mutins. Dans certaines unités, c'est le début de la paie. 

Au dehors, les vas et vient avaient repris de plus belle avec un véritable ouf de soulagement pour les populations civiles.

La vie est revenue dans la cité. De l'autre, la circulation a repris peu à peu et l'aéroport de Conakry qui n'a pas fonctionné le mercredi et le jeudi, grouillait de monde comme dans le passé et aucun vol n'a fait l'objet d'annulation. 

Dans les quartiers environnants, après les tirs nourris qui ont fait des blessés par les balles perdues, le calme est revenu et aucun tir même sporadique n'a été enregistré.

Maintenant, les yeux sont tournés vers le commandement général, qui a réussi à dénouer cette énième mutinerie de la troupe, pour la suite des évènements.

D'ores et déjà, le gouvernement avait rempli à la date du mardi, quatre des six points avant que la contestation ne se transforme en mutinerie avec une nouvelle exigence des soldats d'envoyer à la retraite tous les généraux de la troupe.

Cette mutinerie, version 2008, comme les précédentes, a fait son lot de désolation avec des dégâts matériels et humains importants. Plusieurs cas de morts ont été signalés dont deux expatriés (un pakistanais et un ivoirien), plusieurs blessés, des boutiques et magasins pillés, des vols de véhicules très nombreux signalés à plusieurs endroits de la capitale.

Les mutins, quand à eux, pourront se frotter les mains, avec la libération de leurs amis, arrêtés dans le cadre des pillages et des vols commis en mai 2007, le payement de leurs arriérés de solde (les cinq millions de façon graduelle à partir de ce mois de mai), la non poursuite des soldats, le limogeage du ministre de la défense nationale, le Général Baïlo Diallo.

Mais ce dernier point avec la mise à sac des résidences des généraux Baïlo Diallo, Ibrahima Diallo, des colonels Mougnè Donzo, patron de la garde présidentielle, Ibrahima Tounté Bah et l'attaque de l'intendant général de l'armée, Cdt Korka Diallo dont lui ou son chauffeur aurait succombé à ses blessures (nous y reviendrons), pourraient compliquer d'avantage les relations entre les soldats et leurs supérieurs. Sans oublier que du côté de la défense des droits de l'homme, nul n'est permis de donner la mort, d'agresser ou de voler. Du coup, aucun auteur de crime ne devrait bénéficier de carte blanche, estime l'opinion générale.

Une véritable équation à résoudre par la hiérarchie et le gouvernement, tous accusés pour leur complicité dans la mauvaise gestion de la troupe.



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